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Pourquoi le Qatar peut faciliter la libération des otages israéliens et conduire à un cessez-le-feu au plus vite

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Depuis le 7 octobre dernier, Israéliens et Palestiniens ont basculé dans un nouveau cycle de violence inédit. C’est la première fois que l’organisation terroriste du Hamas franchit les frontières de la bande de Gaza pour tuer près de 1400 Israéliens et en prendre 220 en otage. C’est la première fois qu’une organisation en lutte contre l’État hébreu commet un acte aussi violent et sanglant. Il était inévitable que les représailles israéliennes se compteraient au centuple. Trois semaines après le drame, les bombardements sur Gaza ont fait plus de 7000 morts, et parmi eux au moins 3000 enfants. Même si Netanyahou veut raser Gaza, et continuer à tuer des milliers de civils palestiniens, il faut continuer à défendre le cessez-le-feu au plus vite et la libération des otages.

Dans un contexte où le multilatéralisme est largement impuissant et l’Occident de plus en plus rejeté pour régler les conflits, qui peut contribuer à faire cesser les armes et amener le retour de la paix au Moyen-Orient ? C’est toujours certes une paix fragile mais l’urgence est d’arrêter les morts et le sang versé. Depuis plusieurs années, ce sont les acteurs régionaux qui reprennent la main sur leur zone d’influence ou perfectionnent leur capacité de médiation pour peser dans un contexte tendu de guerre. A ce stade, alors que beaucoup de pays arabes ont soit signé la paix avec Israël, soit signé des accords de normalisation, soit abandonné le combat pour l’État palestinien, peu de pays musulmans peuvent jouer la carte de la médiation en ayant des relations avec les deux protagonistes du conflit.

En effet, peu de pays sont à même de jouer le rôle de médiateurs de paix. Outre l’Égypte, la Jordanie, la Turquie, c’est le Qatar, qui a une relation directe avec Israël et avec le Hamas, qui semble le mieux placé pour parvenir au plus vite à un cessez-le-feu et à une libération maximale des otages avant qu’Israël finisse de détruire Gaza pour éliminer le Hamas. Plusieurs otages  ont été libérés dernièrement par l’organisation islamiste et sont rentrés en Israël. Ce n’est qu’un début et c’est le succès du Qatar.

Si Doha assure le financement des salaires des fonctionnaires à Gaza, en accord avec Israël depuis 17 ans, c’est pour éviter l’effondrement et la mort de milliers de Gazaouis. En effet, la population de Gaza vit dans des conditions terribles, coupée du monde, depuis qu’Egypte et Etat hébreu ont décidé d’imposer un blocus contre l’enclave palestinienne. L’État hébreu a fait ce choix pour éviter le chaos et parce que ça ne lui coûterait pas un shekel. Comment le Qatar s’est-il retrouvé à accueillir des dirigeants du Hamas à Doha, ce qui lui permet de négocier aujourd’hui directement avec eux ? Un bureau du Hamas a en effet ouvert dans la capitale qatarie en 2012 à la demande de Washington et Tel Aviv. Les leaders du Hamas, Khaled Meechal, son ancien chef comme Ismaël Haniyeh, son chef politique à Gaza, sont à Doha car ce sont les Américains et les Israéliens qui ont poussé le Qatar à les accueillir pour négocier directement avec eux le jour où cela serait nécessaire. Le Qatar est devenu un Etat tampon entre les Occidentaux et les infréquentables.

Et Doha a acquis une véritable expertise en matière de libération d’otages, depuis la Syrie, la Libye, le Soudan, l’Afghanistan, le Yémen, l’Érythrée, etc. Il y eut beaucoup d’Occidentaux parmi eux. Encore récemment, à la mi-octobre, Doha a contribué à libérer des enfants ukrainiens en Russie ! Mais la stratégie de médiation qatarie s’opère aussi pour parvenir à nombre de cessez-le-feu au cœur de plusieurs conflits violents sur la planète : Yémen, Soudan, Tchad, Israël, Djibouti, Érythrée. Alors qu’il reste encore plus de 200 otages à Gaza, Israël enclenchera-t-il la lutte finale pour détruire le Hamas et sacrifier ces derniers ? Le compte à rebours est lancé.

Aucune certitude à ce stade là mais il faut laisser le Qatar continuer à négocier pour permettre aux otages restants de pouvoir rentrer chez eux sains et saufs. Il y a le temps de la guerre mais il y a encore un peu d’espoir d’avoir le temps de la diplomatie avant : c’est l’intérêt aussi d’Israël. Et la diplomatie après afin d’apaiser au plus vite les relations entre les belligérants et tenter de revenir à une forme de « normalité » de la situation. Car personne à ce stade n’est prêt à revenir sur les causes de part et d’autre du chaos actuel.

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